La Voix du donjon n° 98 dans les kiosques

Le quatre-vingt-dix-huitième numéro de La Voix du donjon est sorti le 11 janvier dernier.  A l’occasion du centenaire de l’armistice de 1918, la revue présente encore un certain nombre de témoignages sur ce conflit terrible. Une sortie hors de notre périmètre habituel nous entraine ensuite vers le site préhistorique du Rozel où, depuis 2012, les archéologues fouillent les traces d’un campement saisonnier de l’homme de Néandertal. Destiné au traitement de la viande des animaux chassés, le site est exceptionnel en Europe de par les centaines d’empreintes de pas découvertes, provenant aussi bien d’adultes que de jeunes enfants.  Un autre article nous présente un portrait comparé de deux écrivains de la fin du XIXe siècle, originaires du Cotentin : le Valognais Charles Canivet et le Bricquebétais Charles Frémine. Un court récit du premier nous raconte ensuite une partie de pêche à la truite effectuée ensemble, probablement à Négreville, suivie d’une dégustation tout à fait appétissante. Au sommaire également, l’actualité sur la sauvegarde du patrimoine, le bâti avec la réflexion sur la mise en valeur de la cité du donjon, mais aussi de la langue normande qui sera bientôt l’objet d’un colloque organisé à Caen par le Conseil régional. À noter également un bref retour en images sur le marché des potiers 2018 alors que la préparation de la prochaine édition bat son plein. Une promenade paisible dans le chemins de Saint-Martin-le-Hébert clôture cette livraison.

Il s’agit du troisième numéro de l’année 2018, il est donc encore possible de s’abonner à l’année en question en utilisant le bulletin disponible à cet effet. Il est également possible d’acheter la revue à la Maison de la Presse de Bricquebec et à celle de Valognes. Autre solution : commander tous les numéros souhaités en utilisant le formulaire dédié.

Parler normand ? No-z-en prêche !

Visuel officiel du colloque du 19 janvier 2019 sur la langue normande

La situation de la langue normande est si paradoxale que, pour envisager son avenir, il faut commencer par en discourir… en français ! C’est ce qui se passera lors du colloque « Parler normand, une expression du patrimoine culturel de la Normandie » voulu par la Région Normandie et qui se déroulera dans les locaux du Conseil régional, à l’Abbaye aux Dames de Caen, le matin du 19 janvier prochain, à partir de 9 h 30.

Après une intervention de M. Stéphane Laîné sur l’histoire de la langue normande, une première table ronde débattra du « Parler normand : une pratique à sauvegarder et  à développer ».  Interviendront M. de Sinéty, qui devrait présenter la position officielle de l’État, M. Engelaère qui parlera des actions menées depuis plusieurs années en Picardie, MM. Le Tocq et Tadier qui nous parleront des actions menées dans les îles normandes de Guernesey et Jersey, ainsi que M. Montreuil qui parlera à la fois en tant qu’universitaire et en tant qu’écrivain en normand.

Le seconde table ronde intitulée «La valorisation du parler normand et de son patrimoine immatériel oral, écrit et chanté : des acteurs agissent » permettra à Maurice Fichet, Marie-Claire Lecoffre, Pascal Grange et Yvon Davy de s’exprimer sur leur expérience dans le domaine de l’enseignement, de l’animation, de l’écriture, de la collecte et de la transmission de la langue.

Chaque table ronde sera ponctuée d’échanges avec la salle. Nous faisons confiance aux participants pour que leurs interventions soient basées sur du concret, aussi bien sur les problèmes rencontrés que sur les actions menées jusqu’à maintenant.

Pour montrer l’importance que la Région Normandie accorde à cette manifestation, elle devrait être clôturée par une intervention du président Hervé Morin.

Pour alléger le propos, les débats seront entrecoupés de contes en normand avec la participation de collégiens. Un mini-concert mené par Kit Ashton (Groupe Badlabecques – Jersey) et Théo Capelle (Groupe Magène – Cotentin) terminera cette matinée studieuse et accompagnera la dégustation de spécialités régionales.

Inutile de souligner l’importance de cet événement pour l’avenir de la langue normande. Il est donc nécessaire de réserver votre matinée du 19 janvier. Le nombre de places étant limité, il est nécessaire de vous inscrire en ligne grâce à ce lien. Par ailleurs, vous pouvez télécharger ici le programme officiel et détaillé de la matinée ainsi que le plan d’accès à l’Abbaye-aux-Dames de Caen.

À byintôt !

 

 

À quelle heure 2019 dans le pays de Bricquebec ?

À 01 h 10, il sera minuit !

Dans le Cotentin, il n’y a pas si longtemps encore que l’on jonglait couramment entre l’heure « officielle » donnée par Paris, et l’heure solaire. Il n’était pas rare de demander à quelqu’un, en patouès byin seû, s’il mangeait à la nouvelle ou à la vuule ! Alors, la mise en place du couple heure d’été/heure d’hiver, l’urbanisation et la mondialisation ont-ils rangé la vuule heure dans le placard aux souvenirs ?

Et bien, pas tout à fait ! Chaque jour de l’an, nous nous rendons bien compte que, sur notre planète, nous ne vivons pas tous à la même heure. À la télévision ou sur internet, nous pouvons suivre en direct les explosions de gaieté qui marquent le passage à l’heure de minuit en Nouvelle-Zélande alors qu’en France, nous sommes encore en train d’avaler notre repas de midi. Et ce n’est que 22 heures plus tard que les Tahitiens s’embrasseront sous le palmier.

Et nous, à Bricquebec et dans les communes alentour, quand passerons-nous à la nouvelle année ? Il s’agit tout d’abord de cerner « l’heure vraie » comme disent les scientifiques, celle qui est déterminée par le passage du soleil à son zénith sur le méridien qui passe à Bricquebec, puis il faut tenir compte de l’inclinaison de la terre et enfin de l’heure d’hiver… Bref, quelques calculs plus loin, il s’avère que l’année 2019 débutera à Bricquebec à 1 heure et 10 minutes du matin (heure officielle française), une poignée de secondes après Valognes et autant avant Carteret. Nous avons donc du temps supplémentaire pour trinquer au temps qui passe…

Les Amis du donjon et du pays de Bricquebec
souhaitent à tous leurs amis et lecteurs
une bonne et heureuse année 2019 !

Retour sur le marché des potiers de Bricquebec

À l’heure des rétrospectives de fin d’année, nous vous proposons ci-dessous une mise en image du 4ème marché des potiers de Bricquebec qui s’est tenu les 5 & 6 août 2018 sous les frondaisons de l’avenue Matignon.

Les artisans qui souhaiteraient s’inscrire pour le prochain marché des potiers, qui se tiendra les dimanche 4 et lundi 5 août 2019, peuvent d’ores et déjà prendre contact avec l’association en utilisant la rubrique « Nous contacter » dans la colonne de droite.

Où en est le normand ?

« Venez-vous parler notre langue avec moi ? » : une invitation à rejoindre l’atelier langue normande le plus proche de chez vous (dessin d’Emmanuel Cozic)

C’est à cette question qu’à voulu répondre la Fédération des Associations pour la Langue normandE (FALE) dans un rapport, Haro !, qu’elle a publié il y a quelques mois. À l’approche du colloque « Parler normand, une expression du patrimoine culturel de la Normandie » organisé par le Conseil régional et qui se tiendra à l’Abbaye aux Dames, le 19 janvier prochain, nous avons jugé important de le mettre à la disposition du plus grand nombre. Vous pourrez donc le télécharger ici.

Après avoir présenté la situation du normand, les auteurs avancent un certains nombre de propositions visant la sauvegarde et la promotion de notre langue régionale. Les résultats d’une enquête menée auprès de 800 Normands sont fournis en annexe. Bravo à la FALE pour ce travail de fond !

Noël avec la Voix du donjon

Noël approche à toute allure et vous n’avez pas d’idée de cadeau ? Pourquoi ne pas commander quelques numéros anciens de la Voix du donjon ou l’un des livres édités par l’association ? Le bulletin de commande est ici.

Vous pouvez aussi commander les CD du groupe Magène qui chante en normand des chansons actuelles, mais aussi des livres en normand, chez nos amis des éditions Magène, (comme le livre pour enfant Le Petit Goupillot sorti cette année). Des livres en normand du Cotentin sont aussi disponibles auprès des éditions UPNC.

JOYEUX NOËL À TOUS !

La Normandie va-t-elle se réapproprier sa langue ?

L’Abbaye aux Dames de Caen, siège du Conseil régional et bâtiment emblématique de la Normandie historique

La langue normande est-elle en train de retrouver droit de cité ? Des initiatives et un dialogue avec le Conseil régional vont permettre, au mois de janvier prochain, la tenue d’un colloque sur le normand, point de départ, espérons-le, d’une véritable politique régionale en sa faveur.

Combattu par l’État depuis plus de 200 ans, brocardé par certaines élites, quasi ignoré par l’Université, ravalé au rang de curiosité par la presse, défendu mollement par certains élus et méprisé par les autres, le normand existe pourtant encore en tant que langue vivante, même si le nombre de ceux qui le parlent diminue toujours un peu plus.

Et pourtant la langue normande, avec son vocabulaire spécifique, sa grammaire originale et sa littérature vivace, est bien l’une des principales langues régionales de France. Pourquoi est-elle moins bien traitée que le picard, le gallo ou le breton ? Pourquoi ne bénéficie-t-elle pas de ce soutien que les autorités d’autres régions considèrent comme allant de soi ?

Deux événements intervenus début 2016 semblent avoir changé la donne. Tout d’abord la réunification des deux régions normandes a permis la mise en place d’un pouvoir politique qui peut enfin agir dans le cadre de la Normandie historique. Par ailleurs, les associations, qui sont aujourd’hui les seules à agir pour la défense du normand, se sont réunies pour créer la FALE, la Fédération des Associations pour la Langue normandE.

Première initiative prise par la région en 2016 : chaque lycée de Normandie dispose d’un dictionnaire « Trésor de la langue normande »

Une enquête menée par la FALE sur la pratique du normand a rapidement attiré l’attention du président de la région, Hervé Morin, qui a fait savoir à la fédération qu’il souhaitait travailler avec ses représentants. Plusieurs réunions avec ses collaborateurs ont été suivis d’une rencontre avec le président lui-même qui se montre très volontariste sur le sujet. On peut applaudir à cette attitude qui tranche avec des décennies d’immobilisme institutionnel. À sa demande, la FALE a réalisé aussi un comparatif des politiques menées dans les différentes régions françaises et le résultat est cruel pour notre langue. En effet, les seules actions menées en faveur du normand l’ont été… hors de France ! Il s’agit des mesures prises par les autorités des îles anglo-normandes, à Jersey et à Guernesey, afin de permettre la sauvegarde de la langue locale menacée de disparition.

Le colloque « Parler normand, une expression du patrimoine culturel de la Normandie » se tiendra à l’Abbaye aux Dames, à Caen, siège du Conseil régional de Normandie, le samedi 19 janvier 2019, de 9 h 30 à 12 h 30. Des interventions sur l’histoire de la langue normande, sa pratique, les actions menées dans d’autres régions, seront accompagnées de tables rondes et entrecoupées d’interprétations contées et chantées en normand. À côté des intervenants issus des associations, notons dès maintenant la présence de M. Le Tocq (ministre Guernesey), M. Tadier (député Jersey), M. Engelaere (agence langue picarde) et M. Laîné (Univ. Caen).  Après la clôture de la session par le président Morin, un mini-concert sera assuré par Kit Ashton du groupe Badlabecques de Jersey et probablement Théo Capelle (Cotentin).

Le contenu détaillé de la matinée vous sera présenté dans un article à venir début janvier. Le colloque est ouvert au public, n’hésitez donc pas à venir nombreux, venez avec vos proches, vos amis. Une salle comble sera le meilleur soutien apporté à cette démarche. Ch’est lo que no deit yête chu jou-lo !

Vous pouvez informer de votre intention d’être présent le 19 janvier prochain par l’intermédiaire de la rubrique « Nous contacter » dans la colonne de droite du portail. Cela n’aura pas valeur d’engagement ferme mais aidera à déterminer la taille de la salle nécessaire à la tenue de cette manifestation cruciale pour l’avenir du normand. Soyez-en donc acteur !