Sauvegarder notre patrimoine

Depuis quelques décennies, les Français ont pris conscience de la richesse de leur patrimoine et du fait que celui-ci ne se limitait pas à quelques monuments nationaux mais qu’il était tout autour de nous, à notre porte parfois. Le Pays de Bricquebec ne fait pas exception à la règle avec sa fière forteresse du Moyen-Âge, ses églises médiévales et ses chapelles, sa kyrielle de châteaux et manoirs ayant fleuri à partir de la Renaissance, ses monuments mégalithiques, mais aussi ses ponts, ses croix de chemins, ses lavoirs, ses monuments funéraires, les cicatrices du second conflit mondial, tous  signes plus ou moins visibles qui témoignent de la vie quotidienne de ceux qui ont vécu ici depuis des millénaires, nos ancêtres.

Nos contemporains ont également compris que la sauvegarde de ce patrimoine ne peut passer uniquement par l’intervention de l’État et des collectivités territoriales. Ici et là, des associations sont apparues, prenant en charge un pan du bien commun.  L’association Saint-Martin en fête a fait figure de pionnière en préparant dès 2008 la rénovation des vitraux de l’église de Saint-Martin-le-Hébert. Les fonds récoltés avec l’aide de la commune, du Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin, des Amis du donjon et de la Fondation du Patrimoine ont permis de mener à bien cette action fin 2011. Depuis, d’autre associations se sont mobilisées comme Lire la suite

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L’exposition « Maupassant et Bricquebec »

L’association Les Amis du donjon et du pays de Bricquebec présente, au chartrier du château de Bricquebec, du vendredi 13 au lundi 16 octobre 2017, une exposition intitulée « Maupassant et Bricquebec ».

Les origines bricquebétaises de Guy de Maupassant ne sont connues que par quelques biographes. Mais son grand-père maternel, Paul Le Poittevin, est né en 1778 au moulin du manoir de Gonneville où son père était meunier. Parti travailler dans le textile à Rouen, il fait fortune et devient propriétaire de plusieurs filatures dans la région. Sa fille, Laure Le Poittevin, épouse en 1846 Gustave de Maupassant. Ils auront deux fils dont Guy (1850-1893), auteur de 6 romans et 300 nouvelles, personnage majeur de la littérature française.

Toute sa vie, Paul Le Poittevin restera attaché à Bricquebec où il fera l’acquisition des manoirs de Gonneville et de Durécu. Plusieurs familles locales lui restent apparentées. Le numéro 94 de La Voix du donjon qui sortira prochainement reviendra largement sur cette ascendance mal connue.

L’exposition est ouverte au chartrier du château du vendredi 13 au dimanche 15 octobre de 15 h à 18 h et le lundi 16 octobre de 10 h à 12 h 30 et de 15 h à 18 h.

Une démolition qui pose question

De nombreux Bricquebétais et autres amoureux du patrimoine se sont émus, il y a déjà plusieurs semaines, de la démolition discrète du petit pavillon qui ornait depuis deux siècles l’entrée de l’avenue Matignon. Cet édicule ne manquait pas d’élégance avec sa maçonnerie soignée et ses petits œils-de-bœuf agrémentés de barres en fer forgé. Son usage premier reste mal connu mais sa construction était certainement liée à l’avenue qui était à l’origine une promenade créée par le baron de Bricquebec et qui est aujourd’hui toujours interdite à la circulation des véhicules (cf. La Voix du donjon n° 11).

Certes la fonction qui était la sienne depuis plusieurs décennies n’était pas glorieuse mais, après tout, le prosaïque de la situation était-il dissimulé de manière esthétique, en harmonie avec les maisons voisines. Et il nous semble maintenant que ce petit bâtiment, construit dans un but utilitaire, mais avec soin, aurait pu trouver sa place dans la remise en valeur de l’avenue engagée par la municipalité.

Le fait que sa destruction ait été (de manière surprenante) autorisée par l’architecte des Bâtiments de France ne doit pas permettre de se voiler la face.  L’État ne peut assurer seul la protection du petit patrimoine, même par classement. Il est du rôle de tous, collectivités territoriales, associations et particuliers, d’y contribuer quotidiennement, chacun à notre niveau.

Au fond, l’ancienne manufacture de dentelle de Bricquebec, devenue école et cours complémentaire, démolie en 1982. Au premier plan, le petit pavillon conservé, puis détruit en 2011.

La démolition de ce petit édifice rappelle l’abandon de celui,  plus ancien, qui figurait rue du Docteur Mabire, à proximité du calvaire, et qu’une municipalité précédente avait laissé s’écrouler, faute d’entretien, prétexte pour mieux le raser en 2011. Il s’agissait pourtant du dernier vestige du grand bâtiment où Marie-Thomas-Auguste de Matignon, baron de Bricquebec, installa en 1763 une manufacture de dentelle et la première école de filles. Construction emblématique de la commune, fréquenté par des générations d’écoliers et de collégiens, ce beau bâtiment du XVIIIe siècle a lui aussi connu la pelle des démolisseurs en 1982 (cf. les numéros 8, 40 et 71 de La Voix du donjon sur le collège et les écoles de Bricquebec).

Du nouveau pour le musée du château de Bricquebec

Autrefois systématiquement associée aux visites guidées du château, la découverte du petit musée situé dans la Tour de l’horloge n’était plus autorisée qu’occasionnellement ces dernières années et sa présence n’était même plus indiquée sur les dépliants touristiques les plus récents. Beaucoup parmi les Bricquebétais les plus fraîchement installés en ignorent jusqu’à l’existence.

Statue de la Sainte-Trinité (XVIe s.) provenant de l’ancienne église de Bricquebec – Musée du Château de Bricquebec (cf. Voix du donjon n° 23)

La municipalité a décidé de revoir la question et a confié, il y a quelques mois, à Mme Coraline Bara,  diplômée en histoire de l’art, la mission de procéder au récolement (c’est à dire à l’inventaire) des objets du musée et de faire des propositions pour leur mise en valeur. Le rapport de la spécialiste a été récemment transmis aux élus. Mme Jacqueline Savary, adjointe à la culture et au patrimoine de Bricquebec-en-Cotentin, nous a indiqué que le sujet sera abordé lors de la réunion publique sur l’action municipale qui se tiendra le 28 septembre prochain à 20 h 30 au cinéma Le Donjon.

Le musée contient aussi bien des objets liés au passé de Bricquebec que des témoins des traditions régionales et des souvenirs liés aux fêtes Sainte-Anne. Pendant plusieurs années, il a également abrité plusieurs bronzes du célèbre sculpteur local Armand Le Véel, en dépôt du musée Thomas Henry de Cherbourg. D’une manière très intéressante, la visite du musée permet aussi d’accéder à des pièces du château médiéval parmi les mieux conservées.

Les journées du patrimoine 2017

LES JOURNÉES DU PATRIMOINE 2017 se tiendront les samedi 16 et dimanche 17 septembre.

Voici les animations prévues dans le Pays de Bricquebec :

* Visite guidée du château de Bricquebec (et montée au donjon) le samedi à 16 h 30 et le dimanche à 17 h.
* Chasse au trésor au château de Bricquebec pour les enfants de 5 à 10 ans le dimanche à 15 h (Pays d’art et d’histoire : RV à l’OT, place Sainte-Anne)
* Visite de l’hôtel de ville de Bricquebec et de ses collections le dimanche à 15 h (Pays d’art et d’histoire : RV sur place).
* Visite guidée de l’église Notre-Dame de Magneville (chœur roman et fonts baptismaux du XIIe siècle) par un animateur du Pays d’art et d’histoire le dimanche à 15 h

Les édifices suivants seront en visite libre le samedi 16 et le dimanche 17 :  L’église Notre-Dame de Magneville (9 h à 19 h),  l’église Notre-Dame de Rauville-la-Bigot (9 h à 18 h), l’église Saint-Siméon de l’Étang-Bertrand (9 h à 18 h), l’église Saint-Pierre de Breuville (9 h à 18 h), l’église Saint-Paul des Perques (9 h à 18 h), l’église Notre-Dame de Quettetot (9 h à 18 h), l’église Notre-Dame des Anges du Vrétot (9 h à 18 h), l’église Saint-Pierre et Saint Paul de Rocheville (9 h à 18 h), l’église Saint-Hermeland de Sottevast (9 h 30 à 18 h), l’église Saint-Martin de Saint-Martin-le-Hébert (10 h à 18 h), l’église Saint-Pierre de Négreville (10 h à 18 h), l’église Saint-Pair de Morville (9 h à 18 h)  et la chapelle Sainte-Anne à Bricquebec (ancien ermitage au hameau Sainte-Anne : 10 h à 18 h).

À noter que la Cour de Saint-Martin-le-Hébert ne sera pas ouverte à la visite cette année. L’église Notre-Dame de l’Assomption de Bricquebec est fermée pour travaux.

Cette liste a été établie avec l’aide du Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin, de plusieurs communes concernées et de particuliers.

Un grand merci aux bénévoles qui assurent l’ouverture régulière des églises de nos villages.

 

Toponymes et patronymes en Normandie

Dans le cadre de la Fête des Normands, organisée localement par l’UCC (Union des commerçants de Cherbourg), qui aura lieu le 23 septembre 2017, l’association Agora organise une deuxième conférence sur le thème des « Toponymes et patronymes normands » le jeudi 7 septembre à 20h30 au Café du Théâtre de Cherbourg-en-Cotentin (salle du deuxième étage), présentée par Jeannine Bavay, secrétaire des Amis du donjon et du pays de Bricquebec et vice-présidente de la section de Valognes de la Société d’archéologie et d’histoire de la Manche.